LETTRE SUR LA PAUVRETE TOTALE ET LE OUI AU SERVICE DU PROCHAIN. (écrite en 2007)
« Si quelqu’un Me sert, qu’il me suive et où Je suis, là sera Mon serviteur »
Jean 12 :26
Merci au Seigneur de m’avoir accordé la grâce du renoncement. Que cela est merveilleux d’être dans la main de Dieu et de faire Sa Volonté. Même les tribulations de la vie et les moments difficiles du passé que je ne maîtrisaient pas me mettent dans la joie, car je me rends compte aujourd’hui à 29 ans, après cette renaissance, cette résurrection suite à ma pneumopathie des deux poumons et mon hospitalisation de 3 semaines en février, dont deux dans le coma, que Dieu a toujours été présent.
Et que dans les moments où je croyais qu’Il m’avait abandonné, Il me portait sur ses épaules.
Vous rendez-vous compte, les médecins prévoyaient ma mort, et je suis toujours là ! Gloire à Dieu pour toutes les merveilles qu’Il fait dans ma vie!
En septembre, les examens (explorations respiratoires et tests respiratoires à l’effort ont montré que mes poumons ont récupérés … plus que la normale !!! Oui, encore un nouveau miracle !!!... Que Dieu est bon avec moi !
J’ai eu la grâce (car pour moi chaque épreuve, chaque souffrance est une grâce car en réalité cela m’a fait grandir, avancer) de vivre une expérience spirituelle sur mon lit d’hôpital : j’étais dans une paix intérieure que je ne peux exprimer avec des mots. Je n’avais pas de regret d’être resté sur cette terre et aucun regret de ne pas être auprès du Seigneur. S’Il avait permis que je reste ici bas, c’est qu’il n’en avait pas fini avec moi, qu’Il avait un plan sur moi. Et cela me mettais et me mets encore dans une grande joie !!!
J’ai eut à ce moment là des larmes, et cela m’arrive encore. Oui, mais des larmes qui débordent en raison de la compréhension de l’amour de Dieu pour moi.
J’ai eu une vision avant de sortir du coma. Alors que j’avais une soif extrême, et par laquelle je prenais conscience de la soif du Christ sur la Croix ; je voyais une personne décédée allongée sur un lit et un prêtre (avec une barbe blanche) était là à faire les prières après la mort. J’observais et la sensation de soif qui me faisait atrocement souffrir disparue et laissa place à une paix intérieure.
Je crois que Dieu m’a comblé de cette vision pour me faire prendre pleinement conscience du caractère immortel de l’âme et de la vanité des choses terrestres. D’ailleurs, la mort n’est-elle pas perçue chez nous comme un mystère à l’égal de la naissance ?
Et bien sûr, il y a eu cette nouvelle renaissance ce 14 octobre, jour de ma chrismation…
Le Seigneur a dit : " Vends tout ce que tu as au profit des pauvres, afin d'avoir un trésor dans le ciel, puis viens et suis-moi" (Mt 19, 21), et : "Vendez tout ce que vous avez et faites l'aumône". (Lc 12, 33)
= Je me dépouille donc en vendant les bijoux reçus de ma famille, mes meubles. Je vends absolument tout !
N’est-il pas écris « Que ton oui soit oui, que ton non soit non » ?
Sachez que je bois les écris de Mère Gabrielle Papayannis dans l’ouvrage « L’ascèse de l’amour ». J’y retrouve tellement de points communs !
Je ne peux m’empêcher de vous les faire partager:
1) « Mes enfants, c’est ainsi dans la vie. Nous devons nous mettre en route et n’attendre personne… Viendra-t-il… Ne viendra t’il pas? Dieu ne nous appelle jamais deux-à-deux ou trois-à-trois. Il nous invite personnellement et à un moment précis. Malheur à nous si nous ne Le suivons pas, le moment venu, attendant un compagnon de route. Nous perdons l’unique chance, le kayros (le temps propice) ».
2) Mère Marie – son amie française – une ermite qui avait à l’époque 85 ans lui écrit : « Tout ce qui s’est passé depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, est, avant tout, à la Gloire de Dieu et un triomphe de votre Foi… Ainsi, le Seigneur, sur la route des aventuriers-de-Dieu que nous sommes, vous et moi, laisse allumé en permanence le feu vert de l’inébranlable Confiance, malgré les éteignoirs des prudents et des sages de ce monde… »
3) 24 mars 1954 : Le jour où le Seigneur a rappelé auprès de Lui sa mère. Le jour le plus important, le plus décisif, le plus douloureux. (POUR MOI CE FUT CETTE MORT APPARENTE, LE COMA DANS LEQUEL LES MEDECINS CROYAIENT QUE J’ALLAIS DEMEURER, CAR ILS ONT MEME INTERROGE MA FAMILLE POUR LEUR DEMANDER L’AUTORISATION DE DEBRANCHER LES MACHINES POUR ME LAISSER PARTIR). Mère Gabrielle disait : « le jour de notre séparation, le jour de ma crise intérieure a été le jour qui a coupé le dernier lien qui me liait à toute vie normale et matérielle de ce monde. J’étais désormais morte… pour tous. Le prochain et unique pas qui me restait à faire était celui d’un effort, le : va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres et le : Suis-Moi !
= Ce grand bouleversement s’est accompli en elle (TOUT COMME MOI). En une nuit (POUR MOI 15 JOURS DANS LA NUIT DU COMA) l’Anachorèse, en quelques minutes la Nécrose (la mort de l’ancien « Moi ») (C’EST UNE CHOSE QUE JE SENTAIS REELLEMENT : L’HOMME ANCIEN D’AVANT LE COMA ETAIT MORT, ET APRES LE COMA J’AVAIS REVETUS L’HOMME NOUVEAU !)
4) « Dieu, nous appelle un a un » répétait-elle souvent.
5) Sa nouvelle vie désormais se basait sur deux axes. Sur la Pauvreté totale et sur le Oui au service de son prochain. (C’EST TOUT A FAIT CE QUE JE VIS ! MERCI A TOI SEIGNEUR).
6) « Jamais je n’ai éprouvé la moindre fatigue en faisant quelque chose pour Dieu. Les autres peuvent penser à plein de bêtises, que je vais tomber malade... ou mourir… Je n’ai rien eu. J’étais calme et heureuse ». (OUI, IL FAUT TOUJOURS GARDER LA CONFIANCE ET QUE LE TRAVAIL QUE J’ACCOMPLIS, LE FAIRE EN PRESENCE DE DIEU : CE QUE JE FAIS !).
7) Le 23/10/1957 elle écrit une merveilleuse lettre à Baba Amte (C’EST UNE LETTRE QUI POURRAIT S’ADRESSER A MOI TELLEMENT CELA ME PARLE) « Je sais que derrière chaque chose se cache Sa Volonté. Qu’elle soit faite … car je sais qu’elle est toujours meilleure que tout ce que l’on peut espérer ou imaginer. Toi, tu le sais mieux que tous… Tu es entre Ses mains, en sécurité. C’est Lui qui te donnera Sa Force afin que tu puisses faire plus pour Ses Enfants, les Pauvres… Il te donnera la possibilité de faire ton prochain pas. »
8) Elle disait souvent : « Tout soupir du cœur, tout désir qui est dans l’Amour de Dieu, le Seigneur sûrement l’exaucera ».
9) Son secours venait du Seigneur, l’auteur des cieux et de la terre (Psaume 120 :2). Car jamais et pas un instant, elle ne s’est souciée d’elle-même. Obéissante, elle Lui laissait le souci de tout.
Aujourd’hui, je ressens de nouveau résonner cette voie en moi que j’avais à 18 ans « VIENS, QUITTE TOUT ET SUIS-MOI ». Mais à l’époque je n’étais pas prêt à tout quitter pour suivre le Seigneur. Dieu a respecté ma liberté, et Il a bien rattrapé les choses puisqu’Il m’a conduit là où j’en suis aujourd’hui !!! Merci !
IGNACE
« Ceux qui espèrent en Dieu, renouvelleront leur force, des ailes leur pousseront comme celles des aigles, ils courront sans s’épuiser, ils marcheront sans s’affamer » Isaïe 40 :31
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Du renoncement (Extrait des « Régles Monastiques » de Saint Basile le Grand).
Faut-il premièrement renoncer à tout avant de se consacrer à Dieu de la sorte ?
R. - Notre Seigneur Jésus-Christ a vivement et souvent insisté : "Si quelqu'un veut venir à moi, qu'il se renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive" (Mt 16, 24), et encore : "Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il a, ne peut être mon disciple" (Lc 14, 33). Il nous paraît donc exiger le renoncement le plus complet.
Certes, nous avons renoncé avant tout au démon et aux passions de la chair, nous qui avons rejeté les fautes secrètes, les parentés du sang, les fréquentations humaines et toute habitude de vie en contradiction avec la pratique parfaite et salutaire de l'Evangile.
Chose plus nécessaire encore, celui-là s'est renoncé lui-même, qui "s'est dépouillé du vieil homme et de ses actes" (Col 3, 9), parce qu'il "s'attache pour sa perte aux désirs trompeurs" (Ep 4, 22). Il repousse donc toutes les affections mondaines capables de mettre obstacle à la perfection qu'il poursuit, il considère comme ses parents véritables ceux qui l'ont engendré dans le Christ par l'Evangile (1 Co 4, 15), et comme des frères ceux qui ont reçu le même Esprit d'adoption ; enfin, il tient les richesses pour chose étrangère à lui, comme elles le sont en réalité.
En un mot, comment pourrait encore entrer dans des préoccupations mondaines celui pour qui le monde est crucifié et qui est lui-même crucifié au monde à cause du Christ ?" (Ga 6, 14) Car le Christ a voulu jusqu'à l'extrême le mépris de sa vie et le renoncement à soi, lorsqu'il a dit : "Si quelqu'un veut venir avec moi, qu'il se renonce à lui-même et prenne sa croix", ajoutant : "et qu'il me suive"(Mt.16, 24), et encore : " Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père et sa mère, sa femme et ses enfants, ses frères et ses sœurs, sa propre vie enfin, il ne peut être mon disciple" (Lc 14, 26).
Le renoncement complet consiste donc à ne plus même tenir à la vie, mais à se regarder toujours comme condamné à la mort, de façon à ne plus faire état de soi. (2 Co 1, 9)
Il commence par l'abandon des choses extérieures, comme les richesses, la vaine gloire, la société des hommes, l'attrait des bagatelles.
C'est de cela que nous ont donné l'exemple les saints apôtres du Christ : Jacques et Jean qui quittent leur père Zébédée et leur barque même, leur gagne pain ; Mathieu, qui se lève de son comptoir pour suivre Jésus, non seulement au détriment de ses intérêts, mais encore au mépris des peines qui le menaçaient de la part des magistrats, lui et ses proches, parce qu'il laissait indûment inachevée la perception des impôts ; quant à Paul, le monde était crucifié pour lui, et lui l'était au monde. (Ga 6, 14)
Ainsi celui qui est animé d'un impérieux désir de suivre le Christ ne peut plus tenir compte de quoi que ce soit en cette vie : ni de l'affection des parents et amis, dès qu'elle s'oppose aux préceptes du Seigneur, car c'est alors que s'appliquent les paroles : "Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père et sa mère" (Lc 14, 26) ; ni de la crainte des hommes, lorsqu'elle détourne du vrai bien, comme l'ont fait excellemment les saints qui ont dit : "Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes" (Ac 5, 29) ; ni enfin des moqueries dont les méchants accablent les bons, car il ne faut pas se laisser vaincre par le mépris.
Si l'on veut connaître plus exactement et plus clairement quelle ardeur ceux qui suivirent le Christ apportaient à l'aimer, qu'on se souvienne de ce que l'Apôtre dit en parlant de lui-même pour nous instruire : "Si quelqu'un croit pouvoir se glorifier dans la chair, j'ai plus de raison que lui, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, irréprochable observateur de la justice de la Loi ; mais tout ce qui m'était avantageux, je l'ai considéré comme un détriment, à cause de ce qu'il y a de suréminent dans la connaissance du Christ Jésus notre Seigneur, pour lequel j'ai cru bon de tout perdre, et je regarde tout comme excrément afin de gagner le Christ" (Ph 3, 4-8).
Vraiment, à parler avec hardiesse, mais aussi avec vérité, si c'est aux pires rebuts du corps, à ce que nous rejetons avec mépris et dont nous nous écartons avec empressement, que saint Paul compare même les avantages accordés temporairement à la Loi , s'il en fait des obstacles à la connaissance du Christ, à la justice en lui et à la transformation dans sa mort, que dire de ce qui a été établi par les hommes ?
Mais à quoi bon nous appuyer sur nos arguments ou sur les exemples des saints ? Nous pouvons citer les affirmations du Seigneur lui-même et par elles confondre l'âme craintive, car il parle clairement et sans contradiction possible : "Celui d'entre vous qui ne renonce pas à tout ne peut être mon disciple, dit-il" (Lc 14, 33). Et ailleurs : "Si tu veux être parfait...", puis il continue : "Va, vends tout ce que tu possèdes et donnes-en le prix aux pauvres...", après quoi il ajoute : "puis viens et suis moi". (Mt 19, 21)
Pour qui sait comprendre, la parabole du marchand veut évidemment signifier la même chose : "Le royaume des cieux, dit Jésus, est semblable à un marchand en quête de pierres précieuses ; lorsqu'il en a trouver une d'un grand prix, il court vendre tout ce qu'il a, afin de pouvoir l'acheter". (Mt 13, 45-46)
La pierre précieuse désigne assurément ici le royaume des Cieux, et le Seigneur nous montre qu'il est impossible de l'obtenir, si nous n'abandonnons tout ce que nous possédons : richesse, gloire, noblesse de naissance et tout ce que tant d'autres recherchent avidement.
Le Seigneur l'a déclaré, il est du reste impossible de s'occuper convenablement de ce que l'on fait, quand l'esprit est sollicité par des objets divers : "Personne ne peut servir deux maîtres" (Mt 6, 24), a-t-il dit, et encore : "Vous ne pouvez servir en même temps Dieu et Mammon". (Mt 6, 24)
C'est pourquoi le trésor qui est dans le ciel est le seul que nous puissions choisir pour y attacher notre cœur : "Car où est votre trésor, là est votre cœur" (Mt 6, 21).Si nous nous réservons donc des biens terrestres ou un superflu périssable, notre esprit y demeure enfoui comme dans la fange et notre âme reste incapable de contempler Dieu ; elle devient insensible aux désirs des splendeurs du ciel et des biens qui nous sont promis. Or, ces biens, nous ne pouvons les obtenir que si une aspiration ardente nous porte à les demander sans cesse et nous rend léger l'effort pour les atteindre.
Pratiquer le renoncement c'est donc, nous l'avons montré, s'affranchir des liens de cette vie terrestre et passagère, et se libérer des contingences humaines, afin d'être plus à même de marcher dans la voie qui conduit à Dieu. C'est se libérer des entraves afin de pouvoir posséder et user de ces biens plus estimables dont il est dit : "Beaucoup plus précieux que l'or et l'argent". (Ps 18, 11)
En résumé, c'est transporter le cœur humain dans la vie du ciel, en sorte qu'on puisse dire : "Notre patrie est dans les cieux" (Ph 3, 20), et surtout c'est commencer à nous assimiler au Christ, lequel s'est fait pauvre pour nous, de riche qu'il était (2 Co 8, 9), et à qui nous devons ressembler si nous voulons vivre conformément à l'Evangile.
Quand donc pourrons-nous avoir la contrition du cœur et l'humilité de l'esprit, ou nous affranchir de la colère, de la tristesse, des soucis et, en somme, de toutes les funestes passions de l'âme, si nous restons au sein des richesses et des préoccupations de la vie attachés au commerce des autres.
Bref, pourquoi celui qui ne veut même pas se mettre en peine pour le nécessaire, comme la nourriture et le vêtement, se laisserait-il retenir par les vils soucis de la richesse, épines qui viendraient entraver la fécondité de la graine que le divin semeur jette dans les âmes ? Car le Seigneur a dit : "Ceux-là ont reçu la semence au milieu des épines ; elle a été étouffée par les préoccupations, les richesses et les voluptés de la vie, et ils n'ont pas porté de fruits". (Lc 8, 14)